La mort confisquée - Elsa Walter & François Blot
La mort confisquée d'Elsa Walter et François Blot aux Editions Grasset | février 2026
« Notre législation doit disparaître parce qu’elle ne “colle” plus à la réalité sociale (…), à la réalité des mœurs qu’elle est censée défendre. »
Gisèle Halimi, Le procès de Bobigny, 1972
La parole des malades est trop souvent étouffée. Au moment ultime de décider des conditions de sa propre mort, ce choix échappe aux premiers concernés. Comme confisqué.
Le débat national sur la fin de vie a été relancé depuis trois ans, avec une réforme législative d’envergure en cours qui ouvre la voie à une aide légale à mourir. Mais, polarisé à l’extrême, il repose sur des fondations biaisées : le rapport de force silencieux entre soignants et soignés.
Cet essai est né de la rencontre entre un médecin réanimateur et une visiteuse bénévole en cancérologie. Leur livre révèle les mécanismes qui, au chevet des patients, entravent leur capacité à décider – et qui se rejouent à l’identique dans l’arène médiatico-politique. Derrière les slogans se dessine une domination persistante : paternalisme médical, conservatisme culturel, rhétoriques d’autorité. Ce texte met en lumière le décalage vertigineux entre des droits proclamés et les volontés réelles des patients, encore largement réprimées.
Avec une conviction : si nous voulons vraiment parler de liberté en fin de vie, il faut écouter ceux qui, confrontés à la mort, veulent choisir une fin qui ne les trahisse pas. Une mort qui leur ressemble.
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📖 Avis du Comité culturel :
Les auteurs donnent une voix sensible à celles et ceux dont la fin de vie échappe à leur volonté. À travers des récits de patients, de proches et de soignants, ils racontent des parcours marqués par l’attente, la douleur et le sentiment d’être dépossédé de son propre destin.
Elsa Walter et François Blot montrent que, malgré les lois existantes, le cadre médical et juridique reste trop restrictif et laisse peu de place aux choix personnels.
Leur propos n’est pas de banaliser la mort, mais de rappeler qu’elle fait partie de la vie et qu’elle mérite d’être accompagnée avec humanité. Ils défendent l’idée d’un droit à choisir une fin qui nous ressemble, respectueuse de la dignité, des valeurs et de l’histoire de chacun.
✒️ Catherine Daquin
Administratrice chargée du comité culturel de l'ADMD

