Non. La loi Claeys-Leonetti stipule pourtant dans son article 8 que « les directives anticipées s’imposent au médecin pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement », mais ce texte est immédiatement nuancé : « sauf en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. »
Ce qui signifie concrètement que, malgré la volonté manifeste, dûment exprimée du malade, la décision revient tout de même au médecin dans nombre de situations.
L’opposabilité des directives anticipées, c’est ce que réclame l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité depuis 2005. Car nul mieux que le patient – qui demeure un citoyen à part entière, même très âgé, même très malade – sait ce qui est souhaitable pour lui-même. Dès lors que des directives anticipées existent, elles ne devront pas être interprétées mais elles devront être respectées : qu’elles demandent le maintien en vie, quelles qu’en soient les conditions, ou qu’elles demandent une aide active à mourir (et c’est là, précisément, que le médecin pourra faire valoir sa clause de conscience).

